Frenchman XXL 2022

Saison 2022, Episode 3 :
Frenchman XXL (3,8 – 180, 42), 19ieme ironman, SUB9 TOP9

6 semaines apres le marathon de paris, et surtout 6 jours après le half ironman d’Aix en Provence, je devais enchainer avec un full Distance, le Frenchman à Carcans, près de Bordeaux.

Pourquoi si rapproché? juste pour le fun, le 70.3 avec le team, je ne pouvais pas le manquer, le Frenchman, ça tombait le 28 mai, jour de mes 45 ans, pas de contrainte sur ce WE, et depuis le temps qu’on me dit que le parcours est taillé pour moi (180km avec 100m de D+ … autant dire, plat de chez plat), donc .. je ne pouvais pas le manquer non plus, on a qu’une vie !

AVANT COURSE

Je profite du Jeudi qui est férié, anniversaires (le mien et celui de ma maman) en famille, d’ailleurs ma fille m’a fait un super cadeau, oh, un vélo! original, non? j’adore. Puis je prends la route le vendredi matin pour arriver 10h plus tard, récupérer mon dossard et faire mes sacs de transition sur le parking, à oui, la course c’est samedi !

“Joyeux anniversaire papa” ! … “un peu de lecture mon chérie” 😉

On loge avec Johan Yvalun et Chris Noclain dans une petite maison landaise, et on se dit que ce serait cool si on faisait carton plein, bref, rendez vous dimanche matin aux podiums 😉

On me demande si je vise les 9h00, je réponds que si je termine, cela sera déjà bien. Effectivement, la WE précédent j’ai fini sur la pointe des pieds, premières chaleurs, un coup d’arrosage, et hop, 2 belles ampoules . J’envisageai meme début de semaine de ne pas faire la course à pied.

Sans tuer le suspens, si un jour ça vous arrive, il faut dès le soir meme, aller en pharmacie, acheter une seringue et de l’éosine, pour aspirer la lymphe et remettre de l’éosine, puis un pansement compressif pour tenter de ressouder le derme sur l’épiderme. Ca pique un peu, mais c’est efficace ! Merci Doum le podologue !

La particularité de ce ironman c’est que c’est une grande fete du triathlon organisé par un mec exceptionnel : Benjamin SANSON. 3 formats de courses M, L, XL sur le meme WE. Un briefing de course digne d’un one man show, une “course des légendes” le soir avec les grands noms du triathlon français tous réunis, bref, c’est la fete du triathlon, ça change du protocole Ironman.

LA COURSE

Le samedi, 7h00, départ en natation, une bonne brise soulève les vagues, je ne m’inquiete pas, mais je vois bien que ça ne nage pas très vite, je sors au bout de 1h08 et 3600m environ en 60ieme position. Ca y est, on peut démarrer la journée!

photo : steevephotography_insta … ndlr photo prise à T2 après 180pitons … mais j’avais rien sous la main pour illustrer la T1

Bim, j’enfile le casque de DaftPunk, je saute sur ma machine, et c’est parti. STOP!! on est en ville, dos d’ane, voiture, et maintenant c’est un bus qui fait bouchon à cause de cyclistes qui se trainent à 40kmh … je prends mon mal en patience. Puis le bus déboite je prends l’aspi, oh zut 700watts, 50kmh et 152pulses … ce sera mon max sur toute la journée, je me suis vite calmer pour revenir sur un rythme plus normal ! Toute à droite ou presque, de toutes les manières j’ai démonté mon dérailleur avant (2watts de gagnés), et j’enroule le braquet.

Ca à l’air facile, c’est tout plat, mais au bout de 100km la tete dans le guidon, ça commence a etre vraiment dur de tenir la position, les épaules finissent par etre tendues, surtout quand le vent se lève et que la route est granuleuse. Bizarrement, au second tour le revêtement semble plus pourri qu’au premier.

L’avantage de ce parcours et du départ en mass start (on est parti tous ensemble), c’est qu’il est assez facile de voir les écarts avec la tête de course. J’ai rapidement vu que je suis revenu dans les 15 premiers, j’ai repris tous les copains sauf Chris sur son dragster et j’arriverai au parc à vélo en 6ieme position avec le 2nd temps vélo de la journée, meme si j’ai perdu une petite minute à bricoler ma chaine … bah oui, 2 watts de gagnés c’est aussi 1min de perdue car j’ai déraillé. La prochaine fois je songerai à prendre un vrai “mono plateau” avec des dents un peu plus longues.

Photo : sebastien huruguen

J’arrive donc à la transition avec la banane, je raconte un peu ma vie au speaker, et j’ai le droit à un “bon anniversaire” par tous les spectateurs amassés, là. Je tape aussi dans la main de Johan qui me rattrapera très vite.

N’ayant pas recouru depuis Aix en Provence, j’ignore comment mes pieds vont réagir. Finalement ça va, ça tire un peu, et je tente de poser le pied plus à plat pour répartir la charge. Je pars sur un petit 14kmh, le parcours est sympa, sur la piste cyclable au milieu des pins, à la fraiche. Quelques montées, mais c’est relativement roulant

A Aix -En-Provence je m’étais battu contre mes concurrents, ici, c’est un combat contre le chrono qui démarre, contre le chrono et contre moi meme. Au bout de 20km, je fais mes calculs, il me reste 1h45 pour boucler le second semi et passer les 9h. A priori je suis large. Mais au 28ieme, gros coup de chaud, je dois m’arrêter, je m’assoie, je mange, je bois, coca, gels, tout y passe, je m’étire un peu, mais pas le choix, le corps commence à dire non.

En meme temps je m’imagine la déception si j’abandonne, ou si je termine en 9h02 ou 9h01 (bon oui, je sais, meme pas en rêve pour certains, mais je m’étais un peu incrit pour ça, le sub9, donc 9h01, ça aurait été frustrant). Je pense aux copains qui sont derrière le tracker, ou les spectateurs avec qui j’ai noué des liens, à force de passer 4 fois au meme endroit (8 fois meme, car ça fait une boucle), on finit par devenir proches !

Bref, lorsque je repasse devant la ligne d’arrivée au 3ieme tour, je vois 8h08, il me reste environ 10-11km, bref, à 5min/km ça va le faire, mais je n’ai plus le droit de couler une autre bièle. J’enclenche alors la dernière cartouche, 2 expirations par la bouche, une inspiration par nez, et un verre d’eau dans la gueule à chaque ravito, banzai ! et rester concentré sur le travail des bras, concentré à chaque ravito pour perdre le moins de temps possible et c’est parti.

Enfin la ligne d’arrivée est là, c’est la délivrance, toute la pression et la concentration qui s’évanouie, et j’explose de joie en voyant le chrono, Yes, je l’ai fait! un mélange de fierté, de satisfaction noyées dans des larmes, sans trop comprendre. Le genre d’émotion qui nous dépasse et que seul le sport peut procurer, LIFE IS GOOD!! je savoure, pour moi, une grosse pensée pour Jo, pour la famille, les potes, et je retrouve Johan arrivé depuis presque une demie heure, chapeau l’artiste.


Photo : sebastien huruguen
A l’arrivée ace Johan et “super frenchman” alias Benjamin Sanson

Le lendemain, remise des prix, avec une 9ieme place scratch et 2ieme place chez les masters, je monte quand meme sur la boite car Chris (master aussi) est déjà récompensé pour son excellente 5ieme place scratch. Une bouteille et un dossard pour l’an prochain à la clef (@manu, cette fois, tu ne loupera pas l’arrivée!) , ça fait toujours plaisir. Ce cru bourgeois 2013 était excellent !

LA PREPARATION

Pas une grosse préparation pour cet ironman qui n’était pas un réel objectif, mais finalement avec l’expérience ça a suffi.

depuis le 1er janvier : 200 heures d’entrainements sur 20 semaines : 100h de vélo (environ 2800km) , 66 de course à pied et 33 de natation

4 semaines à 15h et le reste entre 7 et 10h environ

Au niveau du vélo, j’ai encore fait quelques optimisations cette année, déjà le vélo en lui meme, le E119 disc est plus aéro que les modèles précédents. J’ai collé un bout de chambre à air sur la selle pour être calé totalement au niveau du bassin et des appuis coudes fermés pour etre callés ici également. Le bidon entre les barres est légèrement surélevé pour ne pas gêner mes bras, et la paille ajustée pour tomber just derrière le menton.

Concernant le contenu des entrainements, j’ai surtout roulé avec le Fixie pour travailler Force/vélocité, 2 ou 3 sortie montagne avec le vélo de route pour le plaisir et queqlues sorties sur le vélo de chrono pour s’habituer à la position, enrouler le gros braquet et avoir confiance en la bécane.

Pour la natation et la course, il y a surement des choses à faire pour optimiser les chronos, mais bon, on ne peut pas etre bon de partout, je continue à me faire plaisir meme si les années passent, pourvu que ça dur.

On va essayer de remettre ça dans 5 semaines à Roth !

2 réflexions sur « Frenchman XXL 2022 »

  1. Super résumé de course , une belle aventure .
    Il s’en dégage une grosse expérience qui permet de réaliser une course tout en intelligence avec une gestion au top .! J’adore.

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